Élections régionales de 2021 en Île-de-France

Dernière mise à jour : août 13

A l’occasion des élections régionales (et départementales) qui auront lieu les 20 et 27 juin prochains, les franciliennes et les franciliens seront amenés à désigner les 209 conseillères et conseillers qui composent l'assemblée du conseil régional d'Île-de-France.


Contrairement aux départements et aux communes, mis en place au sortir de la Révolution française, les régions sont des collectivités territoriales relativement récentes qui sont nées du besoin de lutter contre les inégalités entre territoires, et notamment de la place considérable occupée par la région-capitale dans l'Hexagone et que dénonce le célèbre ouvrage du géographe Jean-François Gravier, « Paris et le désert français », paru en 1947. Cette dichotomie entre Paris et le reste de la France invite donc à repenser les politiques d’aménagement du territoire et à agir en faveur de la décentralisation des pouvoirs économiques et politiques au nom de l'efficacité et du mieux-être des populations, notamment au sein de « métropoles d’équilibre » qui contribuent à répondre aux besoins d'espace, de nature, de fuite de la saturation urbaine ainsi qu'aux problématiques de logement, de transport, de pollution… Mais depuis quelques années, l'attraction qu'exercent les nouvelles métropoles régionales (Nantes, Lille, Lyon, Bordeaux...) placent désormais la Région Île-de-France en concurrence avec ces dernières.



1. La Région Île-de-France en quelques chiffres


Composée de 8 départements et 1 276 communes, la Région Île-de-France accueille une population de 12,2 millions d’habitants, soit 18% de la population française métropolitaine. Néanmoins, « La croissance démographique francilienne s’explique uniquement par un fort excédent des naissances sur les décès, les départs des habitants de la région étant toujours supérieurs aux arrivées. Paris continue de perdre des habitants [...] » - INSEE.


Sur le plan économique, l’Île-de-France est la première région économique française et l’une des premières au niveau européen avec un PIB qui représente environ 31 % de la richesse nationale et près de 5,4 % du PIB de l’Union européenne. Premier bassin d’emploi européen, la région est également la première région touristique mondiale. Par ailleurs, avec 1 742 lignes de bus et 1,6 milliard de voyages par an sur les 16 lignes de métros, et presque autant sur les 13 lignes de trains régionaux et de RER, le réseau de transport en commun d'Île-de-France compte parmi les plus denses du monde. Il faut ajouter à cela les 70 ports et 6 plates-formes multimodales répartis sur 500 km de voies navigables qui font de la région la deuxième plate-forme fluviale d’Europe. Plus que toutes les autres régions, l’Île-de-France est davantage tournée vers l’international au travers de ses échanges commerciaux, de son tourisme, de ses salons... De plus, près de 900 millions d'euros de Fonds européens ont été accordés dans le cadre des politiques de cohésion et de développement rural pour la période de programmation 2014-2020.


Concernant l'enseignement, l'apprentissage et le soutien à la recherche, la région compte 1,3 millions d'élèves au niveau du premier degré et 1,1 millions au niveau du second degré, établissements publics et privés confondus, soit à peu près 20% des effectifs nationaux à la rentrée 2020. En outre, avec plus de 700 000 étudiants et 90 000 apprentis, la Région Île-de-France concentre 23,8 % des effectifs universitaires français, dont 10,6 % à Paris. Enfin, le financement de la recherche et technologie et de l’enseignement supérieur est très largement porté par la région dont la part représente jusqu'à 25% de l’ensemble des financements réalisés par les collectivités, soit environ 130 millions d'euros en 2021. Concernant son budget, ce dernier s'élève à près de 5 milliards d'euros. Au niveau des recettes, les taxes et impôts directs locaux qui pèsent sur les entreprises représentent près de la moitié des ressources totales (48% pour le projet de budget pour 2021), et ce, sans que la région ne puissent intervenir sur les taux qui sont définis au niveau national par le Parlement. Concernant les impôts indirects locaux comme la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques (TICPE) - fioul, essence, etc. -, pour laquelle les régions ont la possibilité de moduler les taux dans certaines limites fixées par le Parlement, cette dernière représente 22% des ressources totales de la région. Les régions bénéficient également d’autres impôts et taxes, comme la taxe sur les cartes grises ou les permis de conduire (12%). Le reste des recettes proviennent de l'emprunt (12%), des dotations (4%)...


Concernant les dépenses, les transports et mobilités représentent 29% au projet de budget 2021 constituant ainsi le premier secteur de dépense de la région. L'économie, l'emploi et la formation représente 21%, la construction, l’entretien et le fonctionnement des lycées 18% et le fonctionnement de l'administration régionale 11%, soit 79% des dépenses totales; le reste étant réparti entre la charge de la dette (7%), l'environnement et cadre de vie (7%), l'égalité sociale et territoriale (5%) et l'action internationale et Europe (2%).


Enfin, les espaces ruraux représentent plus de 75% du territoire francilien, dont 25% d’espaces boisés et près de 50% de terres agricoles, à dominante céréalière. Premier bassin national de consommation alimentaire, la région accueille également le Marché d’Intérêt National (MIN) de Rungis qui est le plus important marché agro-alimentaire au monde avec un chiffre d’affaires, en 2019, de 9 milliards d’euros.


(pour en savoir plus : Chiffres-clés de la région Île-de-France 2020)



2. Les compétences des régions


En synthèse, les conseils régionaux ont pour mission de contribuer au développement économique, social et culturel de la région. En effet, l'article L4221-1 du code des collectivités territoriales dispose que « [Le conseil régional] a compétence pour promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique de la région, le soutien à l’accès au logement et à l’amélioration de l’habitat, le soutien à la politique de la ville et à la rénovation urbaine et le soutien aux politiques d’éducation et l’aménagement et l’égalité de ses territoires, ainsi que pour assurer la préservation de son identité et la promotion des langues régionales, dans le respect de l’intégrité, de l’autonomie et des attributions des départements et des communes.». - source : Légifrance.








102 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout