Aux limites de la Métropole du Grand Paris

Dernière mise à jour : août 13


Entre 2006 et 2009, la structure informelle de la Conférence métropolitaine a bouleversé les réflexions sur les relations entre Paris et les communes de banlieue en essayant de dépasser d’une part, les limites urbaines et administratives de la capitale, et d’autre part, l’absence historique de dialogue de part et d’autre du périphérique. Ainsi, depuis une dizaine d’années, la limite symbolique Paris/banlieue a peu à peu été dépassée dans la mise en place d’une culture métropolitaine commune, avec la prise de conscience de problématiques partagées au sein d’un espace dans lequel les territoires sont interdépendants et interconnectés. Mais pour certains élus, la création de la Métropole du Grand Paris en janvier 2016, sur un périmètre qui ne comprend pas l’ensemble de l’agglomération urbaine, pourrait faire ressurgir cette limite originelle et ainsi générer une « région à trois vitesses » entre ses différents territoires. Un Grand Paris « qui vampirise toutes le richesses vers lui […] et qui envoie loin ceux qui n’ont pas d’atouts et ceux qui n’ont pas les moyens de vivre dedans. » – Brice Rabaste, Maire de Chelles.


À l’origine des craintes de relégation et d’exclusion, une organisation territoriale ancienne. De fait, l’agglomération parisienne présente une structure d’ensemble façonnée par la géographie et l’histoire, où le centre occupe une place prépondérante, dans un pays qui a lui-même été structuré par une centralisation très marquée autour de la capitale. À la concentration des lieux de pouvoirs politiques, symboliques et culturels, vient s’ajouter un poids démographique écrasant, en comparaison des autres grandes agglomérations françaises, et une domination économique. Par ailleurs, si la croissance de Paris s’est faite par couronnes où, à chaque étape, les enceintes déterminent un « dedans » et un « dehors », son agglomération a connu un développement radial porté par les infrastructures de transport alors même que les limites administratives restaient figées au niveau du périphérique. Pourtant, au cours du XXe siècle, la limite administrative de la Ville de Paris a été de plus en plus régulièrement franchie par les entreprises et par les habitants, œuvrant ainsi à la mise en place d’une « métropole de vécue ». Ce changement de modèle cristallise la dichotomie entre Paris et sa banlieue, désormais polycentrées autour des villes préfectures (Nanterre, Bobigny, Créteil) ou des villes nouvelles (Évry, Cergy-Pontoise, Saint-Quentin-en-Yvelines, Marne-la-Vallée et Sénart) dotées des équipements et aménités nécessaires au développement résidentiel et économique depuis les années 1965.


Dans l’avis adopté le 11 juillet 2017, le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) alerte sur les risques de nouvelles inégalités territoriales liées aux mutations institutionnelles et aux récentes évolutions économiques, tout en considérant que la réflexion sur l’avenir de la région doit mieux prendre en compte la diversité des territoires pour conduire à un développement équilibré de l’ensemble régional.




Sources :


[1] Nouvelle organisation territoriale pour le Grand Paris : quel risque d’effets frontière ?, IAU Île-de-France, APUR, Mars 2017


[4] Ce qui impliquera à terme le remplacement des PLU des communes par des plans locaux d’urbanisme intercommunaux (PLUI)



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