La Marne, entre relance économique et écologique

Dernière mise à jour : avr. 11


Avec 89,3 millions d’arrivées internationales en 2018, la France est la première destination des touristes étrangers dont les dépenses, ajoutées à celles de visiteurs français, représentent plus de 7% du PIB et constituent une véritable opportunité pour le développement économique (2 millions d’emplois directs et indirects et 53,7 milliards d’euros de recettes). Par ailleurs, si le Val-de-Marne n’est pas une destination en soi, la saturation de l’hypercentre touristique de la capitale et l’émergence de nouvelles attentes ainsi que ses capacités d’accueil et d’hébergement sont autant de freins qui oblige la capitale à renouveler son approche traditionnelle du tourisme urbain et à élargir sa vision à de nouveaux territoires et aux offres touristiques qui y sont réalisées. Dans ce contexte, la mise en tourisme du territoire est d’autant plus essentielle qu’elle interroge les conditions de l’attractivité de part la diversité d’équipements, d’acteurs, d’actions et autres événements qui contribuent à valoriser les sites naturels et culturels et ainsi asseoir leur réputation [1].


Par ailleurs, cela constitue une occasion unique de construire une « histoire territoriale », issue de la Métropole du Grand Paris. Dans ce contexte, les conditions d’une relance durable par l’investissement, notamment dans les infrastructures, passe par le nécessaire renforcement de l’attractivité au travers de programmes d’aménagement au sein de « zones touristiques » (ZT) fondés sur les valeurs de durabilité environnementale, de valorisation du patrimoine naturel et culturel et de cohésion sociale car il demeure impératif d’aborder le redressement comme une chance à saisir de mettre le secteur sur les rails d’un nouveau modèle de production et de consommation [Recueil de recommandations de l'Organisation Mondiale du Tourisme, 1975–2015]. Concrètement, avec neufs villes sur treize traversées par la Marne, des sites d’activités nautiques historiques et prestigieux, deux ports de plaisance, deux passeurs de rives et la totalité des berges équipée de pistes cyclables, la reconquête des usages récréatifs semble être l’enjeu majeur dans l’élaboration d’une stratégie de promotion et de développement des activités touristiques fluviales notamment autour de la baignade et des enjeux liés à l’héritage des guinguettes et du canotage.


Toutefois, sans qu’il ne soit remis en question ni l’intérêt, ni l’urgence des mesures prises pour limiter l'épidémie de COVID-19, les notes de tendances réalisées par l’Observatoire de l’Economique et du Tourisme, en partenariat avec l’INSEE et la Banque de France traduisent une nécessité de soutenir le secteur de l’hôtellerie-restauration ainsi que les voyagistes au travers de dispositifs d’atténuation spécifiques eu égard aux milliers d’emplois menacés sur le territoire. Par ailleurs, il convient d’offrir les conditions du redressement qui permettront de sauvegarder les moyens de subsistance des salariés et des fournisseurs des secteurs du tourisme et des transports, de leurs familles et des collectivités entières. Vu la densité et l’imbrication des chaînes d’approvisionnement dans le monde, l’impact ne sera pas uniquement circonscrit au secteur et s’étendra à d’autres, et notamment aux entreprises artisanales et professionnels des Métiers d’Arts. Les conséquences dépendront, pour partie, de notre capacité à anticiper et agir pour endiguer cet effet « boule de neige ». Elles seront aussi fonction de notre degré de solidarité et d’intelligence collective qui doivent inviter les communes membres à se dépasser pour œuvrer, dans le respect des environnements socioéconomiques locaux, à une échelle d’intérêt économique, visible et lisible.



Source :


[1] Serge Gagnon, « L’attractivité touristique des territoires », Téoros, la revue francophone de recherche en tourisme, 2007

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