Pollution des sols de l'ancienne station-service

Dernière mise à jour : mai 14


L'ancienne station-service BP-SAINT MAUR, située au 33 Avenue Foch, figure parmi la liste des sites et sols pollués de la ville de Saint-Maur-des-Fossés. En effet, un inventaire national des sites pollués connus est conduit depuis 1994 et est archivé dans la base de données nationale, BASOL, mise à disposition par le ministère chargé de l'environnement.


Selon la fiche détaillée présente sur cette base de donnée, cette station-service a commencé ses activités dans les années 1960. Les installations étaient composées d’un stockage en réservoirs enterrés de supercarburant, gazole et fuel domestique et des distributeurs afférents. Mais un incident survenu le 18 mai 2001 sur une cuve de supercarburant sans plomb avait conduit l'exploitant à neutraliser la cuve en question ainsi qu'une autre cuve ayant révélé un défaut d'étanchéité lors des investigations menées.


Selon les conclusions présentées dans la base de données ARIA (Analyse, Recherche et Information sur les Accidents),« une fuite de 2 631 L de carburant SP 98 se produit à partir d'un réservoir de 15 m³, compartimenté (10 m³ de super et 5 de super sans Pb 98) et installé en fosse maçonnée (1978). Une vérification des installations effectuée par une société spécialisée a permis de mettre en évidence un défaut d'étanchéité sur la virole supérieure d'un autre réservoir également compartimenté (15 + 5 m³ de super 98). Les deux réservoirs ont été neutralisés (partiellement à l'eau et partiellement au sable). Un diagnostic environnemental a été réalisé fin mai par une société spécialisée [afin de vérifier l'état de la qualité du sous-sol et de la nappe phréatique]. A partir des résultats qu'il fournira, un projet de dépollution sera proposé à l'inspection. ».


Mais quelques mois plus tard, par courrier du 25 octobre 2001, la société BP informait les services préfectoraux de la cessation d'activités de la station service. Des investigations complémentaires sont menées et mettent en évidence une pollution des sols et de la nappe par des hydrocarbures et des BTEX (Benzène [1], Toluène, Ethyl-benzène et Xylènes présents en grande quantité dans les produits pétroliers ou les essences). Par mesure de précaution, 38 tonnes de sables de fosse ont été évacués, les vapeurs du sol ont été traitées par venting entre avril et juillet 2002 et la nappe a été traitée de décembre 2001 à juin 2003. De plus, une surveillance semestrielle de la nappe a été demandée en date du 8 avril 2004.


Selon les préconisations, le site devrait être affecté à une activité commerciale. Une restriction d'usage conventionnelle a été incluse dans l'acte de vente du terrain.


Mais compte tenu de l’augmentation des concentrations en HCT (Hydrocarbures Totaux) constatée lors de la campagne de septembre 2006, la préfecture du Val-de-Marne a imposé, par courrier adressé à l’exploitant le 6 février 2007, une surveillance trimestrielle de la nappe et a signalé qu’il serait souhaitable de rechercher l’origine de cette augmentation de concentration. Des investigations complémentaires sont alors menées en octobre 2008 mais les résultats obtenus sur les analyses de sol au niveau des 5 sondages n’ont pas permis d’expliquer l’impact sur les eaux souterraines. C'est pourquoi, la préfecture du Val-de-Marne, conformément aux préconisations du bureau d’études, a signalé à l’exploitant, par courrier du 13 août 2009, l’obligation de réaliser une nouvelle série de sondages afin de vérifier l’état du sol sous les radiers des anciennes cuves en bordure de l’avenue Foch et de poursuivre la surveillance trimestrielle de la qualité des eaux de la nappe.


L’exploitant a transmis les résultats des nouvelles investigations complémentaires de reconnaissance de la qualité du sous-sol. À cette occasion, un suivi de la qualité des eaux souterraines a également été effectué. Un impact des sols et de l’air du sol, susceptible d’expliquer l’impact des eaux souterraines, a pu être mis en évidence sous le niveau du radier de l’ancienne fosse maçonnée entre 3,3 et 11 m de profondeur, les teneurs les plus fortes dans les sols étant obtenues au niveau de la zone de battement de la nappe, témoignant du transfert de la pollution vers les eaux souterraines. De plus, l’augmentation des concentrations relevées en hydrocarbures C5-C40 et BTEX depuis la précédente campagne, laisse supposer une migration progressive de la pollution présente sous l’ancienne fosse maçonnée. Les bilans des campagnes de suivi de la qualité des eaux souterraines entre 2009 et 2010 démontrent l'impact sur la qualité des eaux souterraines par des hydrocarbures, et ce, de manière continue :


- La campagne effectuée le 27/10/2009 en période de « basses eaux » révèle un impact de la qualité des eaux souterraines par des hydrocarbures C5-C10, C10-C40 et des BTEX.


- La campagne effectuée le 21/12/2009 en période de « transition entre basses eaux et hautes eaux » révèle un impact de la qualité des eaux souterraines par des hydrocarbures C5-C10 et des BTEX.


- La campagne effectuée le 19/03/2010 en période de « hautes eaux » révèle un impact de la qualité des eaux souterraines par des hydrocarbures C5-C10 et des BTEX.


Par la suite, les travaux de reconnaissance de la qualité de l’air du sol effectués le 18 mars 2010 ont permis de confirmer la persistance d’un impact significatif des eaux souterraines en aval hydraulique. Les usagers des environs du site, présents en aval hydraulique, étant potentiellement exposés aux polluants issus du dégazage de polluants volatils depuis les eaux souterraines impactées présentes au droit du site, une évaluation de la qualité de l’air du sol et une évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS) a été réalisée en mars 2010. Les résultats des analyses ont mis en évidence des teneurs notables en hydrocarbures C5-C12, des teneurs notables en BTEX et des teneurs faibles pour l’ensemble des autres substances analysées (autres COV et plomb organique).


Le 12 février 2010, la préfecture du Val-de-Marne demande à l’exploitant de fournir un projet de traitement de la pollution du sol et de l’eau de la nappe présente sous l’ancienne fosse maçonnée. Ce qui aurait dû être fait depuis 2001... Par courrier du 16 juin 2011, l’exploitant a informé l’inspection de la mise en œuvre des opérations complémentaires de réhabilitation du site, conformément à la démarche de traitement décrite dans le plan de gestion. Mais 5 ans plus tard, dans son dernier rapport du 5 avril 2016, l'inspection des installations classées demande qui lui soit transmis le rapport de fin de travaux, ainsi que l'analyse des risques résiduels et les derniers résultats de la surveillance des milieux... Un cas similaire peut être identifié à Champigny-sur-Marne. En effet, en mars 2009, plusieurs habitants du quartier perçoivent des odeurs d'hydrocarbure persistantes provenant de la station-service ESSO. En mai 2010, la préfecture fait fermer la station et une pollution importante des sols est mise en évidence, conséquence d'un défaut d'étanchéité. Il s'agissait de vapeurs de benzène qui émanaient d'une station-service. L'agence régionale de santé (ARS) s'est engagée, pour dix ans, à suivre médicalement les personnes situées dans la zone polluée (lien utile).




Source :